#KunsiTour, la Caravane de beauté !

Après Yamoussoukro en début de semaine, c’est Daloa qui a accueilli la team Kun’si ce week-end. A cette étape de la tournée, je peux affirmer que l’objectif de départ est atteint : apporter nos conseils à ces femmes de l’intérieur du pays, qui n’ont pas beaucoup accès à des services et des produits de qualité. Nous avons pu noter énormément de préoccupations concernant les soins quotidiens, les bons produits, etc. Ce qu’il faut retenir, c’est le manque de services adaptés aux chevelures crépues. Toutes celles que nous avons pu rencontrer ont dit presque la même chose : « nous souffrons ».

Ce diaporama nécessite JavaScript.

A Daloa, nous avons pris un grand plaisir à travailler avec l’Association des Coiffeurs de la ville, une structure bien organisée : plus de 200 salons et coiffeurs individuels ont été recensés, et la présidente Béa semble mener les activités de l’association de bonne main. Des salons accueillants, à l’image de Gérard (vice-président de l’association) et d’Agathe, gérante de « Antilope Coiffure » qui nous a laissé investir son espace avec beaucoup de gentillesse.

Ça a été une joie de pouvoir prendre soin des chevelures de toutes ces dames.

Prochaine étape du #KunsiTour : Bouaké du 9 au 11 octobre, avec en soutien la Team Lotus de Satoci.

Merci encore à L’Oréal via Dark & Lovely Au Naturale, Stenders, Dr Magic Solutions, Nature et Traditions, Adeba Nature qui nous ont accompagné sans hésiter.

Publicités

Court ou long, restez vous-même! 

Bam ! Un vrai saut dans le passé. Comme la première fois, sur un coup de tête, j’ai tout coupé.

Je me rappelle, janvier 2011, la coiffeuse a eu la même réaction :

– En tout cas moi je coupe pas tout cheveu ça là !

Aie ! Ce sont seulement des cheveux ! Il faut couper là-bas! 

Même si je suis sur liste rouge – ils sont nombreux à ne pas être contents, je vous assure -, je me sens bien. Bien, tout simplement, parce que ce geste n’a rien de particulier. Une envie est passée, je l’ai satisfaite. 

C’est exactement ce que vous devriez faire : satisfaire vos envies !

On ne ressent pas toujours ce petit truc qui vous picote, vous titille les méninges. Mais quand ça arrive, il n’y a pas 36 solutions. Laissez-vous faire. C’est peut-être un besoin de changement, une remise en cause. Ce n’est peut-être qu’une simple transition vers un meilleur vous. Vous empêchez ce meilleur de se manifester et de vous apporter tout le bonheur qu’il convoie. 

Pour moi, ça a été les cheveux. Après près de 6 ans de « crépitude », il fallait que je les enlève.

Les retirer pour mieux les voir repousser. Prendre le temps de savourer. La fameuse phrase « c’est parce que tu en as que tu les coupes » me fait toujours rire, parce que les gos avec les vrais cheveux sont dans la ville, laissez mes mougou-mougou là 😁. C’est sûr que mes tripatouillages vont me manquer, mais le court me donne envie d’être plus jolie, plus soignée. Qui sait, ça va peut-être jouer sur moi et ENFIN me pousser à faire un peu de zèle stylistique – ça n’a pas marché la première fois oh !
Couper et regarder repousser, c’est aussi un bon moyen de vérifier que j’ai acquis de bons gestes tout au long de ces années. Si tel est le cas, il devrait être aisé de les mettre en application pour un résultat encore meilleur que celui auparavant. Pourquoi ne pas en faire un défi ? Voilà une bonne raison ! Relançons la machine, et voyons ce que ça donnera. 

Bref, j’ai tout coupé, et je me sens BIEN !

Le mouvement nappy s’étend…

En deux jours, je vois circuler 2 articles sur le mouvement nappy.

Même si je ne suis pas à 100% d’accord avec Jeune Afrique qui le classifie un peu comme une mode, je suis contente que ces articles mettent en relief la recherche du bien-être et d’un retour aux sources.  Abandonner l’esthétique proposée pour se réapproprier sa vraie nature, explique Jacques Flasseur dans cet article.

Un autre point que je ne valide pas forcément: le caractère coûteux de ce retour au naturel. C’est vrai que le cheveu crépu demande de l’entretien, mais est-ce vraiment plus exigeant que les cheveux défrisés? Je dirai que cela dépend, mais de mon point de vue, il n’y a pas nécessité de faire des excès. Personnellement, je peux dire que j’ai dû réduire de 80% le budget « cheveux » que j’avais, je ne me contente plus que de quelques produits naturels qui se trouvent dans toutes les maisons ivoiriennes, à commencer par le beurre de karité. Mes cheveux crépus ne s’en portent que mieux. Maintenant, si vous voulez atteindre la longueur de Alicia James en 1 an (restons raisonnables!), c’est clair que vous épuiserez vos ressources en produits magiques…

Des salons spécialisés se créent, comme le Centre Feymie’s Hair Care à Abidjan; des communautés se développent (Nappys de Babi). Ca se motive, ça s’organise, et c’est juste génial.

Tout ça pour dire que c’est un réel plaisir de voir que nous commençons à nous assumer de plus en plus. Que le mouvement n’est pas un effet de mode…

Je suis naturelle, et oui, je le revendique!

Etre Afro, Naturel(le), quelle qu’en soit l’appellation… Y a t-il un problème d’assimilation à lier à ce phénomène qui prend de plus en plus d’ampleur?

Il semble que la revendication d’un retour au naturel – capillairement parlant, je me limite à ce domaine – attise les discussions. Selon les bords, le choix de porter un Afro, coupe des années 60 et symbole historique et sociologique de la culture noire, est la manifestation d’un besoin caractérisé de se (re)définir comme membre à part entière d’une communauté trop souvent spoliée, rabaissée, ou même ignorée selon les circonstances. Pour d’autres, c’est encore une fois le moyen de se « catégoriser« , dans un sens négatif.

Peut-on choisir de porter un Afro et ne pas partager les convictions et les idées d’un Africanisme pur et dur? Je ne fais pas de liaison directe entre la coupe ronde sur ma tête, et la lutte pour une reconnaissance de ma culture africaine. Mais si l’Afro (re)devient le symbole de cette lutte, OU EST LE PROBLEME? Oui, on peut porter un Afro, et ne rien avoir à faire avec la culture noire. Oui, on peut aussi avoir une triple couche de mèches de cheveux brésiliens ou indiens sur la tête, et pourtant être actif au sein d’une communauté noire. Mais ne nions pas leur liberté à ceux qui ont décidé de faire de la coiffure Afro leur symbole.

Je porte mes cheveux crépus, parce que j’ai la capacité de les mettre en valeur, sans avoir à user d’artifices chimiques pour les lisser et les sublimer à l’européenne. J’ai choisi de revenir au naturel, plus par désir et besoin personnel que par conviction culturelle. Cela n’empêche pas que j’ai toujours été défenseur de la cause africaine, mais mes cheveux n’en ont jamais été la preuve visible. Si, maintenant que je les porte crépus, ils permettent de me classifier comme une africaniste, alors là, j’ai deux fois plus de raisons d’en être satisfaite. Mais, ne déplaçons pas les débats quand il ne le faut pas. Laissons aux gens le libre choix de leur style de cheveux, sans en faire systématiquement un lien avec un mouvement politique, culturel ou autre. Nombreux sont ces hommes et ces femmes qui ne sauront pas de qui vous parlez quand ils entendront le nom de Cheick Anta Diop, mais qui pourtant, sont aussi naturels que possible…