La loi sur le mariage adoptée: Non messieurs, n’ayez pas peur…

La loi sur le mariage est aujourd’hui adoptée, avec 7 contre dont la député Yasmina Ouegnin (je veux bien avoir ses raisons) et 8 abstentions.

Du coup, ça repart!

« woooo on est foutu, la femme devient chef de famille maintenant! ».

Non, Messieurs. Nous ne voulons pas bénéficier du statut de chef de famille selon la conception que vous en avez.

Please, il est GRAND TEMPS qu’on prenne le temps d’expliquer les dessous de cette loi, les avantages pour les femmes ET les hommes.

La loi est faite pour les hommes, la religion pour DIEU. De plus, PERSONNE ne viendra vous dire comment gérer votre foyer (bis repetita). Si vous fonctionnez avec un chef, ce chef ne s’effacera certainement pas. Si vous n’en voyez pas l’utilité, vous saurez harmoniser la gestion de votre maison. Et puis, sans l’avouer, il existe bien des foyers où c’est la femme qui est le chef attitré, sans que l’homme ne s’en trouve émasculé.

Comme le dit Sanders: « si tu épouses une femme juste parce que tu veux être chef, alors tu n’y es pas encore ».

Pour ce qui est de partager les charges, je serais un homme, je ferai tout pour que ma femme ait un revenu correct, comme ça, on va lutter ensemble!

Loi sur le mariage: Les modifications prévues

ARTICLE 58 nouveau (proposé à l’Assemblée Nationale):

La famille est gérée conjointement par les époux dans l’intérêt du ménage et des enfants.

Ils assurent ensemble la direction morale et matérielle de la famille, pourvoient à l’éducation des enfants et préparent leur avenir.

ARTICLE 58 ancien:

Le mari est le chef de famille. Il exerce cette fonction dans l’intérêt commun du ménage.

 

ARTICLE 59 nouveau (proposé à l’Assemblée Nationale):

Les époux contribuent aux charges du mariage à proportion de leurs facultés respectives.

Si l’un des époux ne remplit pas ses obligations, l’autre époux peut obtenir, par ordonnance du Président du Tribunal du lieu de résidence, l’autorisation de saisir-arrêter et de toucher, dans la proportion des besoins du ménage, une part du salaire, du produit du travail ou des revenus de son conjoint.

ARTICLE 59 ancien:

L’obligation d’assumer les charges du mariage pèse à titre principal sur le mari. Il est obligé de fournir à la femme tout ce qui est nécessaire pour les besoins de la vie, selon ses facultés et son état. S’il ne remplit pas cette obligation, il peut y être contraint par justice. Toutefois cette obligation est suspendue lorsque la femme abandonne, sans juste motif, la maison conjugale et qu’elle refuse d’y retourner.

 

ARTICLE 60 nouveau (proposé à l’Assemblée Nationale):

Le domicile de la famille est choisi d’un commun accord par les époux.

En cas de désaccord, le domicile de la famille est fixé par le Juge en tenant compte de l’intérêt de la famille.

ARTICLE 60 ancien:

Le choix de la résidence de la famille appartient au mari ; la femme est obligée d’habiter avec lui et il est tenu de la recevoir.

Lorsque la résidence fixée par le mari présente pour la famille des dangers d’ordre physique ou d’ordre moral, la femme peut par exception, être autorisée à avoir pour elle et ses enfants une autre résidence fixée par le juge.

 

ARTICLE 67 nouveau (proposé à l’Assemblée Nationale):

Chacun des époux a le droit d’exercer la profession de son choix, à moins qu’il ne soit judiciairement établi que l’exercice de cette profession est contraire à l’intérêt de la famille.

ARTICLE 67 ancien:

La femme peut exercer une profession séparée de celle de son mari à moins qu’il soit établi que l’exercice de cette profession est contraire à l’intérêt de la famille.

La loi sur le mariage: réflexions.

Le débat ne finira pas tant qu’il n’y a pas d’explications plus poussées des modifications prévues.

Pour ma part, suite aux explications du Ministre Lobognon sur les raisons du boycott du groupe parlementaire PDCI, parti et membre allié du RHDP, je veux bien qu’on insiste sur certains points.

Rappel de l’article amendé, article 58 nouveau:

« La famille est gérée conjointement par les époux dans l’intérêt du ménage et des enfants. Ils assurent ensemble la direction morale et matérielle de la famille, pourvoient à l’éducation des enfants et préparent leur avenir. »

*en italique les interrogations des députés du PDCI

1. L’absence de chef de la famille ne va‐t‐elle pas entraîner la désintégration de la cellule familiale ?
2. L’absence de chef de la famille ne va‐t‐elle pas poser de problème de nom patronymique de la famille ?
3. L’absence de chef de la famille ne pose‐t‐elle pas de problèmes avec nos valeurs sociétales inscrites dans la bible, le coran, nos religions traditionnelles qui prévoient explicitement un chef ?
4. Enfin, l’absence de chef de la famille apporte‐t‐elle un réel avantage à la société, comme est censée le faire toute loi ?

L’intégration de la notion « gestion conjointe de la famille » en remplacement de « L’homme est le chef de famille » induit-elle une absence de chef, comme l’interprète la plupart d’entre nous?

Si oui, quelles conséquences pourrait-il y avoir, notamment sur les points de désintégration familiale et de valeurs sociétales, en liaison avec les religions (même s’il est vrai que nous sommes dans un état laic) ?

Sur la question du patronyme, la réponse du Ministre me convient totalement: « Cet argument fait une fâcheuse confusion entre la loi relative au mariage et celle relative au nom. En effet, l’attribution du nom patronymique est prévue par la loi n°64-373 du 7 octobre 1964 modifiée par la loi n°83-799 du 2 août 1983. Cette loi qui traite de l’attribution du nom patronymique aussi bien s’agissant des enfants légitimes que des enfants naturels n’est pas concernée par la modification concernée. Ce n’est donc pas la qualité de chef de famille qui détermine l’attribution du nom patronymique. »

Si non, le fait de ne pas l’avoir mentionné laisse-t-il un vide?

L’affaire de « l’article 58 nouveau »

Affaire d’égalité hommes-femmes, vous avez fait on a viré tout un gouvernement. C’est quoi ce projet de loi qui nous ébranle ainsi? Analyse kpakpatoyastique à suivre.

Article 58 Nouveau : «La famille est gérée conjointement par les époux dans l’intérêt du ménage et des enfants. Ils assurent ensemble la direction morale et matérielle ».

Première remarque tirée d’un commentaire qui circulait: « si les hommes commençaient pas assurer leur part de gestion morale de la famille, ce serait bien! ».  Ce n’est pas moi qui l’ai dit…

Plus sérieusement, même sans le faire signifier par loi, la gestion de la famille est déjà assurée par les deux époux, sauf pour ceux qui ont délaissé leurs responsabilités. Et il en existe beaucoup. Direction morale, la femme a traditionnellement plus de responsabilité à ce niveau que son époux. C’est elle qui apprend les bonnes manières, comment se comporter, ce qui est bon, ce qui est mal. L’homme corrige. Et quand un jour il y a problème  « telle mère, tel enfant ». Sur ce point, la modification est plutôt valorisante pour la femme.

Direction matérielle, je pense qu’il faut bien comprendre les choses. Assumer conjointement la subsistance matérielle de la famille, pour moi, signifie s’impliquer à « hauteur proportionnelle des revenus » dans les charges du foyer.  Il n’est pas dit qu’il faut assurer à niveau égal, puisque de toute manière, les revenus ne sont pas égaux entre hommes et femmes. La lutte pour l’égalité devrait pencher de ce côté…

Maintenant:

1. qui va décider que son ami est chef de famille, si l’on donne le choix? Faut-il vraiment qu’il y ait un chef défini?

2. où sont les associations féminines? Qu’elles se manifestent pour donner leur avis.