#KunsiTour, la Caravane de beauté !

Après Yamoussoukro en début de semaine, c’est Daloa qui a accueilli la team Kun’si ce week-end. A cette étape de la tournée, je peux affirmer que l’objectif de départ est atteint : apporter nos conseils à ces femmes de l’intérieur du pays, qui n’ont pas beaucoup accès à des services et des produits de qualité. Nous avons pu noter énormément de préoccupations concernant les soins quotidiens, les bons produits, etc. Ce qu’il faut retenir, c’est le manque de services adaptés aux chevelures crépues. Toutes celles que nous avons pu rencontrer ont dit presque la même chose : « nous souffrons ».

Ce diaporama nécessite JavaScript.

A Daloa, nous avons pris un grand plaisir à travailler avec l’Association des Coiffeurs de la ville, une structure bien organisée : plus de 200 salons et coiffeurs individuels ont été recensés, et la présidente Béa semble mener les activités de l’association de bonne main. Des salons accueillants, à l’image de Gérard (vice-président de l’association) et d’Agathe, gérante de « Antilope Coiffure » qui nous a laissé investir son espace avec beaucoup de gentillesse.

Ça a été une joie de pouvoir prendre soin des chevelures de toutes ces dames.

Prochaine étape du #KunsiTour : Bouaké du 9 au 11 octobre, avec en soutien la Team Lotus de Satoci.

Merci encore à L’Oréal via Dark & Lovely Au Naturale, Stenders, Dr Magic Solutions, Nature et Traditions, Adeba Nature qui nous ont accompagné sans hésiter.

Publicités

Naïma Dolls, les poupées ivoiriennes de Sara

wp-1482263909878.jpgPour une fois que j’ai eu le temps de passer, j’ai pris un énorme plaisir à discuter fashion avec Sara Coulibaly-Diomandé, Créatrice de la collection de poupées Naïma Dolls.

D’ailleurs elle est en interview quand j’arrive. Les grands gens je vous dis ! Donc je m’affaire en attendant. Pour information, les ateliers Naïma Dolls sont situés à Abidjan, où les poupées sont habillées, empaquetées et distribuées partout dans le monde.

Lorsque je lui demande pourquoi avoir décidé de se lancer sur le commerce des poupées, Sara répond qu’elle a tout simplement fait ce qu’elle aurait aimé qu’on fasse pour elle : créer des jouets qui ressemblent aux petites filles d’ici et dans lesquelles elles pourront se reconnaître. Une envie qui lui tenait encore plus à coeur, étant maman d’une petite Naïma – ne me demandez plus d’où vient le nom de la collection 😊.

Sara est avant tout une entrepreneure, car elle est également à la base de la marque de chaussures MyMiry.

wp-image-1018097188jpg.jpgVous aurez le choix entre plusieurs poupées – un choix très varié avec toutes les collections- mais mon préféré reste le beau poupon Adjo. Ina ne réussira pas à me l’arracher.

Les poupées Naïma Dolls sont disponibles à Carrefour.

FEEF 2016 : Motivées, déterminées, inspirées

L’année dernière, j’étais horriblement alitée, incapable de prendre la parole pendant le panel auquel je devais participer. Mais cette année, j’ai eu une nette idée de ce que j’avais pu rater.

Je résume ce que j’ai vu et ressenti lors de ce troisième Forum de l’Emploi et de l’Entreprenariat Féminin en 3 mots : Motivation, Inspiration et Détermination. Lire la suite

RAL, Mascara, Bijoux… Découvrez Imane Beauty

12728806_1087734701247617_3702577047813829472_nD’abord parce que ses produits sont de qualité, mais surtout parce que la personne derrière est une véritable battante, je ne pourrais m’empêcher de parler de la marque Imane Beauty.Awa S-D (qui se dévoile dans cette interview sur le site Afrique Femme) ne s’est pas contentée de créer une énième marque, mais elle a surtout relevé le défi de CRÉER dans un pays qu’elle ne connaissait pas, dont elle ne parlait pas la langue, dans lequel elle n’avait aucun repère. Malgré tout, elle a réussi à asseoir un marché local, et s’est exportée vers le continent Africain. Une fierté africaine, que dis-je, Ivoirienne ! Lire la suite

La beauté, critère de recrutement.

Récemment, un membre d’un groupe auquel j’appartiens, un groupe en majorité composé de femmes – pas féministe, je précise parce que je vous vois venir – a relayé l’information concernant le recrutement d’une assistante de direction avec comme critères de sélection:

« Avec ou sans expérience mais l’exigence primordiale est d’être jeune, MINCE et très belle. »

Tollé général au sein du groupe, où la plupart ont sans aucun doute pu se sentir vexées, mais surtout y ont vu de la discrimination pure et dure. Bon, quand on est assez rondelette comme moi, se voir éliminée dès le départ, c’est sûr que ça frustre.

« Nous qui ne sommes pas belles, et grosses là on a problème deh! Même la société nous rejette… »

Puis, on essaie de trouver des explications…

« Imagine que ce soit pour un centre d’amaigrissement ? Et puis qui va se dire pas belle et ne pas postuler ?? (moi je suis grosse donc je suis discriminée , mais je suis belle deh ) »

Aussitôt réfutées…

« Même dans les salles de sport il y a des réceptionnistes grosses… »

On ironise…

« Surtout que tu dois bien porter la ceinture noire et le eyeliner gris pour aller avec les murs… »

« Moi je dirai à la femme du boss d’apprêter ses valises. »

Et puis bof!

« Quand on dit on cherche une go taille mannequin est-ce pour autant que les bouts de femme comme moi là on se plaint? C’est pour un poste qui parfois exige certains « atouts » comme certains pensent, au moins ça évite aux filles un peu rondouillettes de perdre leur temps à postuler! »

On finit par plaindre la société et le boulot lui-même…

« Un poste où on te demande autant de chose sur ton physique… Je  n’imagine même pas l’atmosphère!!! Tes cheveux sont comme si, tes habits sont comme ça, etc. »

« On s’en fout de l’expérience dans le domaine mais tant qu’il y a la beauté ça gère! »

« Je ne vois même pas l’intérêt de bosser pour eux. Cote d’Ivoire yako deh!!! »

Vos réactions?

#kpakpatoya

L’héroïque sacrifice de la reine Pokou

Ils arrivèrent enfin devant un fleuve mugissant qui les glaça d’effroi. La Comoé formait une barrière naturelle entre le berceau de leurs ancêtres ashantis et une nouvelle terre: la Côte d’Ivoire qui s’offrait comme une promesse de liberté…

… Pokou s’avança au bord du fleuve en furie qui charriait d’immenses troncs d’arbres dans un bruit d’enfer. Elle leva les bras vers le ciel. Signe d’impuissance? De supplication?…

… Pokou ne fut pas longue à comprendre. Elle s’avança au bord du fleuve et détacha l’enfant que portait au dos la jeune servante qui l’accompagnait. Son propre fils.

« Kouakou, mon unique enfant! J’ai compris qu’il faut que je donne mon fils pour la survie de cette tribu. C’est à cause de ma famille qu’ils ont été obligés de fuir. Une reine n’est-elle jamais que reine et non femme ni mère! »

Extrait de « Reines d’Afrique et héroïnes de la diaspora noire », de Sylvia Serbin.

 

 

L’affaire de « l’article 58 nouveau »

Affaire d’égalité hommes-femmes, vous avez fait on a viré tout un gouvernement. C’est quoi ce projet de loi qui nous ébranle ainsi? Analyse kpakpatoyastique à suivre.

Article 58 Nouveau : «La famille est gérée conjointement par les époux dans l’intérêt du ménage et des enfants. Ils assurent ensemble la direction morale et matérielle ».

Première remarque tirée d’un commentaire qui circulait: « si les hommes commençaient pas assurer leur part de gestion morale de la famille, ce serait bien! ».  Ce n’est pas moi qui l’ai dit…

Plus sérieusement, même sans le faire signifier par loi, la gestion de la famille est déjà assurée par les deux époux, sauf pour ceux qui ont délaissé leurs responsabilités. Et il en existe beaucoup. Direction morale, la femme a traditionnellement plus de responsabilité à ce niveau que son époux. C’est elle qui apprend les bonnes manières, comment se comporter, ce qui est bon, ce qui est mal. L’homme corrige. Et quand un jour il y a problème  « telle mère, tel enfant ». Sur ce point, la modification est plutôt valorisante pour la femme.

Direction matérielle, je pense qu’il faut bien comprendre les choses. Assumer conjointement la subsistance matérielle de la famille, pour moi, signifie s’impliquer à « hauteur proportionnelle des revenus » dans les charges du foyer.  Il n’est pas dit qu’il faut assurer à niveau égal, puisque de toute manière, les revenus ne sont pas égaux entre hommes et femmes. La lutte pour l’égalité devrait pencher de ce côté…

Maintenant:

1. qui va décider que son ami est chef de famille, si l’on donne le choix? Faut-il vraiment qu’il y ait un chef défini?

2. où sont les associations féminines? Qu’elles se manifestent pour donner leur avis.

Je suis naturelle, et oui, je le revendique!

Etre Afro, Naturel(le), quelle qu’en soit l’appellation… Y a t-il un problème d’assimilation à lier à ce phénomène qui prend de plus en plus d’ampleur?

Il semble que la revendication d’un retour au naturel – capillairement parlant, je me limite à ce domaine – attise les discussions. Selon les bords, le choix de porter un Afro, coupe des années 60 et symbole historique et sociologique de la culture noire, est la manifestation d’un besoin caractérisé de se (re)définir comme membre à part entière d’une communauté trop souvent spoliée, rabaissée, ou même ignorée selon les circonstances. Pour d’autres, c’est encore une fois le moyen de se « catégoriser« , dans un sens négatif.

Peut-on choisir de porter un Afro et ne pas partager les convictions et les idées d’un Africanisme pur et dur? Je ne fais pas de liaison directe entre la coupe ronde sur ma tête, et la lutte pour une reconnaissance de ma culture africaine. Mais si l’Afro (re)devient le symbole de cette lutte, OU EST LE PROBLEME? Oui, on peut porter un Afro, et ne rien avoir à faire avec la culture noire. Oui, on peut aussi avoir une triple couche de mèches de cheveux brésiliens ou indiens sur la tête, et pourtant être actif au sein d’une communauté noire. Mais ne nions pas leur liberté à ceux qui ont décidé de faire de la coiffure Afro leur symbole.

Je porte mes cheveux crépus, parce que j’ai la capacité de les mettre en valeur, sans avoir à user d’artifices chimiques pour les lisser et les sublimer à l’européenne. J’ai choisi de revenir au naturel, plus par désir et besoin personnel que par conviction culturelle. Cela n’empêche pas que j’ai toujours été défenseur de la cause africaine, mais mes cheveux n’en ont jamais été la preuve visible. Si, maintenant que je les porte crépus, ils permettent de me classifier comme une africaniste, alors là, j’ai deux fois plus de raisons d’en être satisfaite. Mais, ne déplaçons pas les débats quand il ne le faut pas. Laissons aux gens le libre choix de leur style de cheveux, sans en faire systématiquement un lien avec un mouvement politique, culturel ou autre. Nombreux sont ces hommes et ces femmes qui ne sauront pas de qui vous parlez quand ils entendront le nom de Cheick Anta Diop, mais qui pourtant, sont aussi naturels que possible…

8 mars 2011, La femme célébrée dans le monde entier

Journée de revendication, jour de célébration, toutes les femmes du monde entier s’unissent pour porter haut et fort le flambeau de la lutte pour la reconnaissance de leurs droits. Son origine remonte au début du XXe siècle en Europe et aux Etats-Unis, mais elle fut officialisée en 1977, par les Nations Unis, marquant ainsi le désir de la structure internationale de voir tous les pays s’impliquer et célébrer simultanément une journée entièrement dédiée à la femme. Lire la suite

Les femmes et la finance

En Afrique, comme partout dans le monde, la femme est considérée comme la gestionnaire des finances d’un foyer. C’est elle qui répartit les ressources en fonction des priorités de la famille.

A un niveau économique plus élevé, on peut remarquer que la femme n’est pas mise à grande contribution, considération faite des capacités de gestion qu’on lui attribue à un degré moindre, c’est à dire dans le cadre familial. Peu de femmes ont jusqu’à ce jour eu l’opportunité d’être à la tête d’établissements financiers en Afrique. Et pourtant, quelle contribution elle pourrait apporter dans le développement ! Lire la suite

La tontine, cette épargne africaine

Ahhh, quand ces femmes africaines se réunissent pour parler de tontine, ça donne quelque chose…

Imaginez une confrérie de « vieilles » – elles ont toutes entre 40 et 70 ans – de différents horizons: Mali, Sénégal, Côte d’Ivoire, Mauritanie, Cameroun, Congo… Ça donne:

1. une panoplie de couleurs: elles sont sapées en boubou et bazin multicolores;

2. un répertoire de voix aux aiguës inégalables;

3. une table super garnie: c’est cela le plus intéressant; 15 femmes qui se réunissent, ça signifie une table à manger hyper super remplie. Juste pour vous mettre l’eau à la bouche – et je m’adresse aux connaisseurs de l’Afrique de l’ouest en particulier- : de l’Attiéké, de l’Aloco, du poulet et du poisson braisé, des pastels, du couscous, sans oublier les plus importants: le Dêguê et le jus de Gingembre (Gnamakoudji pour les connaisseurs ;-)).

Pas besoin de vous dire que je ne me suis pas fait prier pour goûter à tout, même si j’étais plutôt là en tant que serveuse…

La tontine, qu’est-ce-que c’est?

En gros, ça fonctionne comme une épargne. Plusieurs personnes se réunissent, en général des femmes, pour mettre dans un fonds commun une somme fixée au départ, pour une période déterminée. Chacune à son tour empoche la somme recueillie, à périodicité aussi déterminée à l’avance. Le but des tontines en Afrique est généralement d’aider les participants à démarrer une activité source de revenus. La tontine a donc une valeur économique, en tant que source de financement.

Mais au-delà de la fonction économique, la tontine permet de tisser des relations sociales entre amis, collègues, voisins, sur une base de confiance. Elle a donc une valeur sociale de grande importance, dans une époque où les sociétés s’individualisent de plus en plus.

Petite leçon d’histoire: la tontine existe depuis le 17e siècle, initiée par Lorenzo Tonti, banquier napolitain, mais plutôt sous forme d’assurance-vie (source wikipédia).