#KunsiTour, la Caravane de beauté !

Après Yamoussoukro en début de semaine, c’est Daloa qui a accueilli la team Kun’si ce week-end. A cette étape de la tournée, je peux affirmer que l’objectif de départ est atteint : apporter nos conseils à ces femmes de l’intérieur du pays, qui n’ont pas beaucoup accès à des services et des produits de qualité. Nous avons pu noter énormément de préoccupations concernant les soins quotidiens, les bons produits, etc. Ce qu’il faut retenir, c’est le manque de services adaptés aux chevelures crépues. Toutes celles que nous avons pu rencontrer ont dit presque la même chose : « nous souffrons ».

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A Daloa, nous avons pris un grand plaisir à travailler avec l’Association des Coiffeurs de la ville, une structure bien organisée : plus de 200 salons et coiffeurs individuels ont été recensés, et la présidente Béa semble mener les activités de l’association de bonne main. Des salons accueillants, à l’image de Gérard (vice-président de l’association) et d’Agathe, gérante de « Antilope Coiffure » qui nous a laissé investir son espace avec beaucoup de gentillesse.

Ça a été une joie de pouvoir prendre soin des chevelures de toutes ces dames.

Prochaine étape du #KunsiTour : Bouaké du 9 au 11 octobre, avec en soutien la Team Lotus de Satoci.

Merci encore à L’Oréal via Dark & Lovely Au Naturale, Stenders, Dr Magic Solutions, Nature et Traditions, Adeba Nature qui nous ont accompagné sans hésiter.

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Carnet de voyage: Trip to Daloa – The end.

Midi passé.

Le contre médical de N’Doukahakro est fermé. On ne tombe pas souvent malade par ici… A l’endroit où s’était renversé le conteneur de feuilles il y a deux jours, se trouve maintenant une dizaine d’hommes, femmes et enfants, faisant le tri à même le sol. Qu’en feront-ils? Ce qui est évident, c’est que cet accident est une aubaine pour eux. Un peu plus loin, un rassemblement attire notre attention. Une foule accompagne quelqu’un à sa dernière demeure, juste à une dizaine de mètres de la route au milieu d’autres tombes.

Scène insolite pour moi, un convoyeur se délecte dans un hamac suspendu au dessus d’un troupeau de boeufs, groupés dans un camion sans doute en provenance du Mali ou du Niger. La circulation est plus dense aujourd’hui dans le sens opposé.

Dernier arrêt à N’zianouan pour la prière, le ravitaillement en bananes braisées et boissons car la faim se fait sentir, et la papaye, dernier colis à rejoindre le coffre. Dix minutes plus tard, nous sommes repartis. Je ressemble au Petit Prince, avec mon écharpe qui virevolte au gré du vent.

Maintenant il faut être vigilant. Les travaux sur l’autoroute impose à certains endroits une conduite à double sens, et on a vite fait de l’oublier. Tous les 200 mètres des panneaux rappellent l’interdiction de dépasser. Malgré tout, certaines voitures accélèrent. Un 4×4 suzuki zigue zague devant nous et manque plusieurs fois d’emboutir les véhicules venant en sens inverse. Quand on le dépasse, en fin d’interdiction, le conducteur a l’air de s’endormir. Pourtant, il finit par nous doubler à très grande vitesse. C’est aussi cela être prudent sur la route: s’arrêter quand la fatigue se fait sentir. Mais encore plus en Côte d’Ivoire, conduire pour soi, mais aussi pour les autres, automobilistes et piétons, en tenant compte de leur attitude sur la route.

Deux, trois camions tombés sur le côté. Encore.

Plus que 13 kilomètres, et on passe le corridor sous le sifflet hésitant d’un policier. Ça y est, retour à la vie abidjanaise.

Conclusion de ce voyage: fatigue, poussière, mais aussi et surtout joie, festivités et une belle égratignure sur la pommette droite que j’ai découvert au réveil.

Bref, j’aime mon pays; ma Côte d’Ivoire profonde.

Carnet de voyage: Trip to Daloa – Part 3.

La coutume veut que chaque pèlerin avale une gorgée de lait à son retour de la mosquée. Après quoi, il s’installe dans un fauteuil, entouré de quelques membres de sa famille. Pour le louer, des chanteurs religieux et aussi des griottes entament des cantiques dont le refrain est repris par l’assemblée du jour. Puis, quand la parole lui est enfin donnée, le pèlerin récompense son auditoire de bénédictions: longue vie, bonheur, mariage, travail, mais surtout piété, foi et voeu de pèlerinage pour tous. Il faut dire que le pèlerinage est l’un des piliers les plus difficiles à accomplir, pour des raisons économiques particulièrement. Alors chaque retour de pèlerinage est considéré comme un grand bonheur par tous les proches, qui saluent la chance dont la personne aura bénéficié. La cérémonie se poursuit avec la restauration de l’assemblée. Après quoi, les remerciements de part et d’autre clôturent les festivités. C’est assez éprouvant pour le pèlerin, qui doit faire un véritable parcours à pied, sous le chaud soleil et les cris de la foule. J’avoue qu’au bout de 2 ou 3 kilomètres de va-et-vient, je ne sentais plus mes pieds lorque nous sommes rentrés à domicile. J’ai d’ailleurs manqué la fin de la cérémonie; épuisée, je me suis effondrée sur le lit de mamie…

C’est d’ailleurs elle qui me réveille au crépuscule avec de petites tapes; il est l’heure de la prière. Derniers visiteurs du soir, dernières bénédictions et en route pour voir l’autre mamie. Là, un festin nous attend: j’ai le choix entre un bon placali et des frites de banane plantain, affectueusement appelées Aloco, agrémentées de viande. Mon choix est éclair, va pour l’aloco. J’accompagne tout ça d’un verre de boisson à base de gingembre. Je commence à bailler, alors qu’autour de moi la ville semble s’éveiller de nouveau. Les vendeuses de poisson braisé, d’atiéké et poisson frit, de salade commencent leur commerce, et les clients s’agglutinent autour de leurs tables. Les rues sont pleines d’enfants de très bas âge, parfois pas plus de 3 ans, qui s’amusent à se poursuivre, crient et pleurent. Daloa semble vivre plus fort la nuit. Je dis bonne nuit à mamie, aux tantes et cousines, une douche pour me débarrasser de la poussière et hop, au lit. Il est 22 heures.

5 heures 15, le clapotis des gouttes, rosée matinale. La douche froide finit de me réveiller. Dehors, la brume recouvre l’horizon et l’air est frais. Dans la cour, à peine le soleil levé, tous les enfants sont déjà debout, un trait de khôl sous l’oeil. La ville s’active. Le petit déjeûner ce matin est tout fumant: soupe de pattes de mouton, du pain et du thé. L’ambiance est joviale, les enfants se disputent des bonbons. Derniers entretiens avec la grand-mère, à qui nous réussissons à soutirer des morceaux de pagne, pas sans peine et sous l’oeil vigilant de son ange gardien attitré, sa fille. Effusions, bénédictions et c’est le départ. La voiture est maintenant pleine. Le temps de faire le plein de carburant, contrôle de routine au corridor avec un sourire radieux décoché au sergent, puis nous sortons de la ville. Il est 9 heures 30.

Ici et là, quelques terres brûlées témoignent de la continuité d’une technique agricole dont les conséquences sont pourtant nocives pour l’environnement, car elle peut mener à une dégradation durable des sols. Des arbres aux fleurs rouges éclairent la savane. Des cyclistes avancent péniblement en dandinant sur les pentes rudes. Des groupes de femmes et d’enfants transportant des fagots de bois ou des denrées ramenées des champs marchent rapidement le long des voies. Des vendeurs de régime de banane nous font signe de la main, nous nous arrêtons. Les prix sont tellement intéressants que le coffre est très vite rempli. 3 minutes plus tard, nouveau stop. Des oranges juteuses rejoignent le peu de place qu’il reste dans le coffre, puis on repart. Plus loin, des équipes coupent les herbes qui bordent la route. La pancarte indiquant le parc de la Marahoué donne envie de faire le détour, mais c’est sans espoir. Pas le temps de s’arrêter à Bognonzra. Un barrage policier, sans doute illégal. Le car devant nous ne s’arrête même pas.

Malgré le mauvais état de la route, je prend plaisir à observer le paysage environnant. Chaque village traversé est unique. J’ai peine à croire que certaines des personnes que nous croisons n’ont sans doute jamais été très loin de là où elles vivent. Elles n’ont aucune idée de ce que le monde extérieur offre.

En entrant dans Bouaflé, nous croisons des véhicules faisant campagne pour les élections législatives, affiches collées sur le capot.

Le soleil est maintenant haut au-dessus de nos têtes. Une pancarte « Drive slowly » indique la présence d’un camp de l’Onuci, peu après la sortie de la ville que, nous avons contourné. Les éternelles tentes blanches sont bien dressées, secteur protégé par des fils barbelés.

Kpetoukro…

Un nuage forme un mouton, comme pour confirmer que je traverse la campagne. Souvent, les herbes sont su hautes qu’elles forment une haie de chaque côté de la route.

Nouveau passage dans Yamoussoukro. Nous passons juste devant la cathédrale, ce qui me laisse le loisir de l’admirer et de la photographier. Ce véritable joyau est toujours aussi somptueux. Ici aussi, le début de la campagne fait son effet; grandes affiches publicitaires… La maison du parti, autre bijou architectural de la ville. Nous sortons déjà de Yakro. 11 heures 52.

Carnet de voyage: Trip to Daloa – Part 2.

Je n’y suis pas revenue depuis… 15 bonnes années. Je cherche des repères dans une ville inconnue, qui m’a pourtant vu naître. Un rond-point. Une mosquée.

Devant la cour familiale, ma mamie est assise; plus que centenaire, mais aussi en forme qu’une petite de juste 70 ans. Je lui saute dessus à un point qu’elle m’avertit de ne pas la faire tomber. Je ne l’ai pas vue depuis mon dernier tour dans cette ville, bien avant mon petit exil à l’étranger. Nous sommes accueillis comme il faut; à peine déposés nos bagages qu’un bon plat de riz à la sauce tomate est posé devant nous, garni de gros morceaux de mouton frits. Je n’ose pas bouder le repas après 5 heures de route, bien que le riz ne soit pas mon plat favori, loin de là…

Tracasseries familiales, disputes et règlements d’histoires, c’est inévitable quand il y a des rencontres massives comme celle qui se prépare, et je ne peux m’empêcher d’admirer la vivacité d’esprit avec laquelle la matriarche propose des solutions on ne peut plus indiscutables… Ce soir, on ne discutera pas beaucoup. Débarbouillés, dernières prières, et hop! Au lit…

Les gouttes de la rosée matinale me réveillent. Il fait frais. L’harmattan commence et le brouillard recouvre l’horizon. Nous traînons au lit, mais quand les voisins nous apporte gentiment le petit déjeuner, il n’est que 6 heures et demi. On se lève tôt par ici, les enfants piaillent derrière la fenêtre depuis un bon bout de temps…

C’est le tour des maisons, et à chaque fois c’est pareil: « mais qu’est-ce qu’elle a grandit », « ce n’est plus la petite fille que je voyais fuir la douche », la dernière fois que je t’ai vu, tu n’étais encore qu’un bébé »… Après la multitude de salutations, c’est le petit déj’ bis. Adieu le régime! Cette grillade est trop appétissante, et nous connaissons tous l’amour des gens du nord pour la viande…

Un accident de moto; on ne voit pas cela souvent à Abidjan.

Deuxième tournée, c’est l’heure de revoir l’autre grand-mère, après près de 6 ans. Quand nous arrivons, elle somnole tranquillement dans son canapé. On ne va pas la réveiller. Les tantes m’occupent en complimentant ma tenue en bazin, elles qui m’ont presque toujours vu habillée en pantalon, comme la veille.

Les cousines s’affairent en cuisine, les plats en sortent tout fumants. Aujourd’hui, c’est la célébration du retour des pèlerins du Hadj. Pour ceux qui ne le savent pas, le pèlerinage à la Mecque est l’un des piliers de l’Islam, une obligation à réaliser pour tout musulman au moins une fois dans sa vie, à condition qu’il satisfasse un certain nombre d’exigences.

Midi. C’est l’heure d’aller à la prière. Notre cortège se met en route. Plus blanc que coloré, il se compose majoritairement de femmes et d’enfants qui enchaînent les chants religieux sur le chemin qui mène à la mosquée. Tout au long de notre avancée, d’autres cortèges rejoignent le chemin poussiéreux. Attirés par les chants, les habitants du quartier sortent sur le pas de leurs portes, certains filment et prennent des photos à partir de leurs téléphones. Les groupes rivalisent en terme de créativité, car c’est à qui fera le maximum de bruit à travers chants et rythmes battus de la main. Il fait chaud, le soleil est haut dans le ciel.

A l’arrivée à la grande mosquée du quartier, les chants s’arrêtent; tout le monde s’intalle pour écouter le prêche, qui bien entendu concernera le pélerinage. Nous avons juste le temps de disparaître pour changer de tenue avant que la courte prière ne débute. Après le salam, une pluie de bénédictions inonde les fidèles, puis les cortèges se reforment encore plus bruyants, car c’est maintenant l’heure des festivités. Chaque pèlerin devra, de retour à son domicile ou à l’endroit de la fête, faire face à une foule impatiente de recueillir les « douhaas » en provenance directe de la Terre Sainte. En voyant cela, j’appréhende le jour où je devrais me soumettre à l’exercice, moi qui ai une peur panique de la foule, surtout lorsque son attention est entièrement dirigée sur moi. En plus, je suis à la limite incapable de m’exprimer en malinké, qui est pourtant la langue pratiquée dans ces grandes occasions. On n’en est pas encore là…

Carnet de voyage: Trip to Daloa – Part 1.

Immense est ma joie de retrouver les routes ivoiriennes après si longtemps. Je ne me souviens d’ailleurs pas de la dernière fois que j’ai pris la route, ni pour quelle destination d’ailleurs. J’admire la végétation -beaucoup de broussaille, si on s’en débarrassait ce serait merveilleux à regarder. Les cases en terre, en paille qui côtoient des constructions en dur… Quand le modernisme s’acoquine du traditionnel! Mélange de couleurs et de saveurs; des fruits, des légumineux, de la viande de brousse à vendre en bordure des voies. Des hommes étendus sur des nattes, à l’ombre du grand arbre; plus loin, les femmes qui papotent autour d’une vaisselle encore sale, preuve visuelle et suggestive d’un succulent déjeûner. Le soleil est haut dans le ciel, il faut froncer les sourcils pour atténuer l’effet des reflets sur le goudron.

La route ivoirienne, c’est aussi les crevasses, les nids de poule, que dis-je, plutôt des petits puits tellement les secousses sont désagréables, au point de déclencher les essuie-glaces. Deux fois. A cela, il faut rajouter la mauvaise conduite des chauffards, qui menacent de vous rentrer dedans en tentant de doubler un gros camion, sur une pente ascendante, à un virage. Si ce n’est pas de l’imprudence inconsciente (oui, les deux), je veux bien qu’on me dise ce que c’est. J’avoue que j’ai une peur panique de voir ces camions surchargés et penchés perdre l’équilibre juste au moment où ils passent près de notre véhicule…

Sur la route, il y a des véhicules brûlés qui réduisent la voie, allant jusqu’à la couper par moment. Qu’est-ce qui empêche de les déplacer, ne serait-ce que de quelques mètres? Appel aux autorités lancé… Un porte-conteneur rempli de paquets de feuilles de rame s’est renversé, sans doute déséquilibré par le poids de son chargement mal estimé. 50 mètres plus loin, un autre poids lourd immobilisé, essieux cassés. Même cause, mêmes effets. Un cortège avec gyrophare, un particulier qui manque de justesse d’emboutir un autre en voulant se mêler à celui-ci. D’ailleurs, il finit par freiner bruyamment pour éviter l’une de ses voitures. Petite menace immédiate de la main par un corps habillé comme pour dire « on t’a à l’oeil mon ami ».

Terre rouge, beaucoup de travaux sur de nouvelles routes… Arbres feuillus, tombés… De temps en temps, on aperçoit une école, et quelques enfants qui courent et crient…

Yamoussoukro, la ville aux caïmans. Voile de poussière rouge, comme pour avertir que la ville est en chantier. L’autoroute du nord passe par là… Même le mec sur sa moto a la tête rouge. Ah non, lui il est carrément rouquin! L’hôtel Président, je veux bien y passer un week-end. J’aperçois la Basilique Notre Dame, joyau de la chrétienté. C’est beau… J’ai un pincement au coeur de traverser la ville sans pouvoir m’y arrêter. Ce n’est que partie remise, Inch Allah.

On dépasse le cortège au gyrophare, arrêté sur le rebord de la route. Il reprend vite les devants ‘un quart d’heure plus tard.

Ce n’est pas à Abidjan seulement que les hommes urinent partout, mais en campagne au moins, ça dérange moins, beaucoup moins, voire pas du tout peut-être… Ils le font de façon plus cachée.

Pendant vingt minutes, nous avons dû nous coltiner la sirène du cortège. Ouin ouin ouin… J’en ai les oreilles qui sifflent encore. Je me demande si c’est vraiment utile, ce gyrophare. La route est plutôt vide, pas beaucoup de voitures, et puis, personne ne vous empêchera d’avancer…

Bonon, petite bourgade qui se développe et s’agrandit rapidement. Du coup, extension de la zone électrifiée. Puis cette route droite, toute droite jusqu’à Gonatte, on monte et on descend à vive allure, avec en bonus un beau soleil rouge. C’est le crépuscule, et l’air se rafraîchit. Plus que 20 kms…

M’Bayakofikro; je ne sais pas pourquoi ce nom me fait penser à Zomamazo de Poignon. La route est toujours aussi droite. Quelques kilomètres avant que papa ne me confie qu’il faisait dix kilomètres au moins une fois par semaine de là à chez lui quand il était beaucoup plus jeune. Pourquoi? « Pour me balader, tiens! Nous venions à la piscine puis on continuait jusqu’ici ». Je ne pense pas être capable de reproduire cela, surtout à ce rythme.

Sapia, puis notre destination finale: la cité des antilopes. Daloa.