Carnet de voyage: Trip to Daloa – Part 2.

Je n’y suis pas revenue depuis… 15 bonnes années. Je cherche des repères dans une ville inconnue, qui m’a pourtant vu naître. Un rond-point. Une mosquée.

Devant la cour familiale, ma mamie est assise; plus que centenaire, mais aussi en forme qu’une petite de juste 70 ans. Je lui saute dessus à un point qu’elle m’avertit de ne pas la faire tomber. Je ne l’ai pas vue depuis mon dernier tour dans cette ville, bien avant mon petit exil à l’étranger. Nous sommes accueillis comme il faut; à peine déposés nos bagages qu’un bon plat de riz à la sauce tomate est posé devant nous, garni de gros morceaux de mouton frits. Je n’ose pas bouder le repas après 5 heures de route, bien que le riz ne soit pas mon plat favori, loin de là…

Tracasseries familiales, disputes et règlements d’histoires, c’est inévitable quand il y a des rencontres massives comme celle qui se prépare, et je ne peux m’empêcher d’admirer la vivacité d’esprit avec laquelle la matriarche propose des solutions on ne peut plus indiscutables… Ce soir, on ne discutera pas beaucoup. Débarbouillés, dernières prières, et hop! Au lit…

Les gouttes de la rosée matinale me réveillent. Il fait frais. L’harmattan commence et le brouillard recouvre l’horizon. Nous traînons au lit, mais quand les voisins nous apporte gentiment le petit déjeuner, il n’est que 6 heures et demi. On se lève tôt par ici, les enfants piaillent derrière la fenêtre depuis un bon bout de temps…

C’est le tour des maisons, et à chaque fois c’est pareil: « mais qu’est-ce qu’elle a grandit », « ce n’est plus la petite fille que je voyais fuir la douche », la dernière fois que je t’ai vu, tu n’étais encore qu’un bébé »… Après la multitude de salutations, c’est le petit déj’ bis. Adieu le régime! Cette grillade est trop appétissante, et nous connaissons tous l’amour des gens du nord pour la viande…

Un accident de moto; on ne voit pas cela souvent à Abidjan.

Deuxième tournée, c’est l’heure de revoir l’autre grand-mère, après près de 6 ans. Quand nous arrivons, elle somnole tranquillement dans son canapé. On ne va pas la réveiller. Les tantes m’occupent en complimentant ma tenue en bazin, elles qui m’ont presque toujours vu habillée en pantalon, comme la veille.

Les cousines s’affairent en cuisine, les plats en sortent tout fumants. Aujourd’hui, c’est la célébration du retour des pèlerins du Hadj. Pour ceux qui ne le savent pas, le pèlerinage à la Mecque est l’un des piliers de l’Islam, une obligation à réaliser pour tout musulman au moins une fois dans sa vie, à condition qu’il satisfasse un certain nombre d’exigences.

Midi. C’est l’heure d’aller à la prière. Notre cortège se met en route. Plus blanc que coloré, il se compose majoritairement de femmes et d’enfants qui enchaînent les chants religieux sur le chemin qui mène à la mosquée. Tout au long de notre avancée, d’autres cortèges rejoignent le chemin poussiéreux. Attirés par les chants, les habitants du quartier sortent sur le pas de leurs portes, certains filment et prennent des photos à partir de leurs téléphones. Les groupes rivalisent en terme de créativité, car c’est à qui fera le maximum de bruit à travers chants et rythmes battus de la main. Il fait chaud, le soleil est haut dans le ciel.

A l’arrivée à la grande mosquée du quartier, les chants s’arrêtent; tout le monde s’intalle pour écouter le prêche, qui bien entendu concernera le pélerinage. Nous avons juste le temps de disparaître pour changer de tenue avant que la courte prière ne débute. Après le salam, une pluie de bénédictions inonde les fidèles, puis les cortèges se reforment encore plus bruyants, car c’est maintenant l’heure des festivités. Chaque pèlerin devra, de retour à son domicile ou à l’endroit de la fête, faire face à une foule impatiente de recueillir les « douhaas » en provenance directe de la Terre Sainte. En voyant cela, j’appréhende le jour où je devrais me soumettre à l’exercice, moi qui ai une peur panique de la foule, surtout lorsque son attention est entièrement dirigée sur moi. En plus, je suis à la limite incapable de m’exprimer en malinké, qui est pourtant la langue pratiquée dans ces grandes occasions. On n’en est pas encore là…

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