Carnet de voyage: Trip to Daloa – Part 1.

Immense est ma joie de retrouver les routes ivoiriennes après si longtemps. Je ne me souviens d’ailleurs pas de la dernière fois que j’ai pris la route, ni pour quelle destination d’ailleurs. J’admire la végétation -beaucoup de broussaille, si on s’en débarrassait ce serait merveilleux à regarder. Les cases en terre, en paille qui côtoient des constructions en dur… Quand le modernisme s’acoquine du traditionnel! Mélange de couleurs et de saveurs; des fruits, des légumineux, de la viande de brousse à vendre en bordure des voies. Des hommes étendus sur des nattes, à l’ombre du grand arbre; plus loin, les femmes qui papotent autour d’une vaisselle encore sale, preuve visuelle et suggestive d’un succulent déjeûner. Le soleil est haut dans le ciel, il faut froncer les sourcils pour atténuer l’effet des reflets sur le goudron.

La route ivoirienne, c’est aussi les crevasses, les nids de poule, que dis-je, plutôt des petits puits tellement les secousses sont désagréables, au point de déclencher les essuie-glaces. Deux fois. A cela, il faut rajouter la mauvaise conduite des chauffards, qui menacent de vous rentrer dedans en tentant de doubler un gros camion, sur une pente ascendante, à un virage. Si ce n’est pas de l’imprudence inconsciente (oui, les deux), je veux bien qu’on me dise ce que c’est. J’avoue que j’ai une peur panique de voir ces camions surchargés et penchés perdre l’équilibre juste au moment où ils passent près de notre véhicule…

Sur la route, il y a des véhicules brûlés qui réduisent la voie, allant jusqu’à la couper par moment. Qu’est-ce qui empêche de les déplacer, ne serait-ce que de quelques mètres? Appel aux autorités lancé… Un porte-conteneur rempli de paquets de feuilles de rame s’est renversé, sans doute déséquilibré par le poids de son chargement mal estimé. 50 mètres plus loin, un autre poids lourd immobilisé, essieux cassés. Même cause, mêmes effets. Un cortège avec gyrophare, un particulier qui manque de justesse d’emboutir un autre en voulant se mêler à celui-ci. D’ailleurs, il finit par freiner bruyamment pour éviter l’une de ses voitures. Petite menace immédiate de la main par un corps habillé comme pour dire « on t’a à l’oeil mon ami ».

Terre rouge, beaucoup de travaux sur de nouvelles routes… Arbres feuillus, tombés… De temps en temps, on aperçoit une école, et quelques enfants qui courent et crient…

Yamoussoukro, la ville aux caïmans. Voile de poussière rouge, comme pour avertir que la ville est en chantier. L’autoroute du nord passe par là… Même le mec sur sa moto a la tête rouge. Ah non, lui il est carrément rouquin! L’hôtel Président, je veux bien y passer un week-end. J’aperçois la Basilique Notre Dame, joyau de la chrétienté. C’est beau… J’ai un pincement au coeur de traverser la ville sans pouvoir m’y arrêter. Ce n’est que partie remise, Inch Allah.

On dépasse le cortège au gyrophare, arrêté sur le rebord de la route. Il reprend vite les devants ‘un quart d’heure plus tard.

Ce n’est pas à Abidjan seulement que les hommes urinent partout, mais en campagne au moins, ça dérange moins, beaucoup moins, voire pas du tout peut-être… Ils le font de façon plus cachée.

Pendant vingt minutes, nous avons dû nous coltiner la sirène du cortège. Ouin ouin ouin… J’en ai les oreilles qui sifflent encore. Je me demande si c’est vraiment utile, ce gyrophare. La route est plutôt vide, pas beaucoup de voitures, et puis, personne ne vous empêchera d’avancer…

Bonon, petite bourgade qui se développe et s’agrandit rapidement. Du coup, extension de la zone électrifiée. Puis cette route droite, toute droite jusqu’à Gonatte, on monte et on descend à vive allure, avec en bonus un beau soleil rouge. C’est le crépuscule, et l’air se rafraîchit. Plus que 20 kms…

M’Bayakofikro; je ne sais pas pourquoi ce nom me fait penser à Zomamazo de Poignon. La route est toujours aussi droite. Quelques kilomètres avant que papa ne me confie qu’il faisait dix kilomètres au moins une fois par semaine de là à chez lui quand il était beaucoup plus jeune. Pourquoi? « Pour me balader, tiens! Nous venions à la piscine puis on continuait jusqu’ici ». Je ne pense pas être capable de reproduire cela, surtout à ce rythme.

Sapia, puis notre destination finale: la cité des antilopes. Daloa.

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