Je suis noire, donc je suis…

Quelle appréciation de nous-même avons-nous en tant que noirs? Nous sentons-nous différents, moins valeureux, moins travailleurs ? La plupart d’entre vous répondront NON.

Alors, autre question: sommes-nous suffisamment conscients de notre valeur? En faisons-nous la promotion?

Une petite vidéo avant de continuer:

http://www.facebook.com/video/video.php?v=224957130853742&oid=146800245359641&comments

Pourquoi une poupée noire paraît plus méchante, moins belle que la poupée blanche? Pourtant il n’y a de différence que la couleur de la peau. Parce que la société le dit, tout simplement.

Les médias le disent, les hommes politiques en font leur ligne directive quand ils partent en campagne: le Noir, c’est moche, c’est méchant, ça ne travaille pas – merde à Jean-Paul Guerlain en passant -, ça se bat à tout bout de champ, bref, le Noir, c’est Nul.

Qu’est-ce que nous faisons en réponse? On monte les drapeaux, SOS Racisme, quelques journalistes qui répondent, et voilà, on va en guerre contre le racisme, encore et toujours. Mais ça ne change pas grand chose, petite accalmie, et hop, on repart sur les chapeaux de roue dès qu’un illuminé nous sort un petit discours à peine controversé.

Pourtant, les jeunes générations se sentent toujours à l’écart, inférieures presque, quand elles se comparent à leurs contemporains à la peau blanche. Nous sommes-nous déjà demandé quelle était notre part de responsabilité dans cet état d’esprit? A l’image de cette vidéo, comment peut-on expliquer que ces mêmes enfants, qui s’identifient à la poupée noire, la considèrent quand même comme la plus « repoussante », en étant légèrement « effrayés » de savoir qu’elle leur ressemblait pourtant…

La réponse pour moi est simple. Nous ne nous aimons pas. Eh oui, nous ne nous aimons pas assez pour acheter des poupées noires à nos enfants, plutôt qu’une « belle barbie toute blonde ». Nous ne nous aimons pas assez pour lire aux touts-petits l’histoire de Kimbo, Kirikou ou de n’importe quelle histoire d’enfant ou de héros noir, mais il faut nous voir nous empresser de leur rapporter toutes les versions de Blanche-Neige, Cendrillon, et j’en passe… Comment voulez-vous que ces enfants s’identifient à des gens qu’ils ne connaissent pas? Difficile… C’est bien de copier, mais ne négligeons pas l’impact que cela pourrait avoir sur le futur de tout un chacun. Toutes les sociétés que nous envions ont mis du temps à se construire, et ces héros enfantins représentent chacun un moment de leur évolution, qui n’est en aucun cas le nôtre. Comme le dit si bien une amie, « le développement de l’Afrique passe par le refus du superficiel, de la facilité et de la copie conforme des sociétés occidentales. Il faut arrêter de se sous-estimer, et apprendre à nous connaître ».

Tout est dit…

Une réflexion au sujet de « Je suis noire, donc je suis… »

  1. Bon, je partage ton point de vue sur le fait qu’on ne s’aime pas suffisamment…
    Même si quelque part, je pense que c’est certainement un raccourci théorique…
    Mais, j’irais plus loin en disant si tous les modèles que nous aimons sont « différents » de nous,alors il est clair que nous n’avons aucune raison véritable de nous aimer.
    Nous n’avons pas encore su développer des modèles, pour nos enfants. Ou trop peu…Et peut-être aussi que nous n’en parlons pas assez.
    Si nos enfants ne connaissent pas de modèles à la peau noire, dans lesquels ils pourraient se reconnaitre et s’identifier, à mon avis, c’est assez normal qu’ils ne s’identifient qu’à ceux qu’on leur montre.
    La littérature en Afrique est souvent alimentée par les oeuvres venant de l’occident. C’est très bien, et c’est tant mieux.Mais cela réduit aussi l’horizon culturel de notre jeunesse.
    Les héros de BD sont occidentaux, les héros du cinéma aussi, etc.
    Nous n’en avons pas énormément qui soient représentatifs de ce que nous sommes réellement, malheureusement.
    Mon grand père qui est très intelligent disait ceci:
    « Tant que les histoires de chasse seront écrites par le chasseur, le lion sera toujours décrit comme le méchant. »…Imagine qu’un jour ce lion se mette à écrire sa version d’une histoire de chasse.
    Cela nous donnerait sans doute quelque chose comme ceci:
    Un jour, alors que je me reposais tranquillement, un méchant chasseur osa s’aventurer sur mon territoire. Sans raison aucune, ce lâche me tira dessus.Mais, comme je suis vaillant et fort, je m’élançais vers ce sauvage pour défendre ce qui m’appartenait: mon territoire et les miens… »🙂
    Moralité?
    C’est à nous d’écrire notre version de l’Histoire.
    C’est à nous de créer des héros qui nous ressemblent.
    Et c’est à nous de faire en sorte que nos enfants apprennent à s’aimer.
    Il ne s’agit pas de haïr les autres.
    Non, bien au contraire.Ils nous apprennent (à travers leurs oeuvres)qui est « l’autre ». Mais, c’est à nous de montrer, par contre, qui nous sommes.
    car si nous laissons les autres nous décrire ou parler de nous, alors c’est parfaitement normal qu’ils parlent de nous dans des termes qui ne nous représentent pas forcément tels que nous sommes, puisque l’autre malgré toute sa bonne volonté, ignorera toujours tout de nous, de notre culture, et de nos valeurs. L’autre inventera ce qu’il pense savoir de nous afin de causer le vide causer par cette méconnaissance. Et si tout cela est faux, on ne peut pas (et on ne doit pas) lui en vouloir…
    Par contre, on peut le lui montrer.
    En produisant des oeuvres qui nous reflètent vraiment.
    C’est pourquoi mon objectif personnel est de créer des oeuvres à l’attention de notre jeunesse africaine en mal de héros. Des oeuvres qui leur parlent d’une Afrique positive, loin des clichés véhiculés par le folklore colonial. Voilà pourquoi mes oeuvres parlent de cette Afrique où il fait bon vivre, loin des maladies, loin des guerres, et de la corruption, ou des malversations…Avec des héros africains de par leur culture, leur coutumes, etc.
    L’Afrique que je souhaite partager à travers mes oeuvres est cette Afrique où l’ont rit, où règne le respect de l’autre et cette hospitalité légendaire: Cette Afrique qui gagnerait tellement à être connue. Cette Afrique qui est « MON » Afrique.
    Voilà, j’ai beaucoup parlé, mais je tenais à dire tout ça.
    On ne s’aime pas, on ne se respecte plus, parce que nous avons perdus nos repères.
    Et que l’on soit noirs, blancs, jaunes, rouges, bleus ou verts,…plutôt que de cultiver nos différences, si on apprenait à regarder nos ressemblances, je pense que cela serait déjà un bon début. 🙂🙂🙂

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s