La révision du code de la famille au Mali, et ses réactions

Axée majoritairement sur l’instauration d’une égalité des sexes au Mali, la révision du Code des personnes et de la Famille a suscité de vives réactions, pour le moins partagées.

La question dépasse tout simplement la parité des choses entre hommes et femmes, elle touche surtout à la place initialement accordée à la femme par la société entière qui ne semble pas vouloir y changer grand chose. L’action des ONGs et des associations féminines ont poussé à la rédaction d’un texte de 1055 articles, dont certains prévoient entre autres de relever l’âge du mariage légal à 18 ans, de modifier les droits de succession, l’égalité dans l’exercice de l’autorité parentale, etc. Mais il semble que l’article le plus litigieux concerne « le respect mutuel des époux » en lieu et place du « devoir d’obéissance de l’épouse envers son mari ».

Ce dernier article a mis le feu aux poudres, et les responsables religieux pour la plupart ont réagi négativement à cette modification, prenant comme argument que ce code est contraire à la loi islamique qui « réduirait la femme à une personne inférieure à l’homme », et qui par conséquent ne saurait être traitée comme son égale. Mais, mieux encore, une grande partie de la population elle-même s’insurge contre ce code, y compris une frange féminine qui ne se reconnaît pas comme nécessitant une telle modification de ses droits…

Difficile de comprendre que celles pour qui les associations luttent refusent – de leur plein gré – la revalorisation de leur statut dans la société, mais cela peut s’expliquer.

La société malienne islamique a une structure familiale fondée sur la religion, dont l’interprétation – il en est ainsi dans la plupart – a catégorisé les femmes dans un rôle hautement inférieur à celui de l’homme. Elle naît, grandit et évolue dans un environnement où elle est privée de droits que la société occidentale qualifieraient de légitimes. Son épanouissement est intimement lié au bon vouloir de son époux.

Pourtant, la société évolue, avec pour preuve récente la nomination pour la première fois d’une femme Premier Ministre. Son arrivée à la tête du gouvernement aura-t-il un réel impact sur le changement de la condition féminine dans le pays, ou se retrouvera-t-elle plutôt mains liées au sein d’un environnement au machisme si affirmé?

J’ose croire que sa nomination sera bénéfique à toutes ces femmes qui refusent de se laisser enfermer et emprisonner par une interprétation rustre des textes religieux…

Une réflexion au sujet de « La révision du code de la famille au Mali, et ses réactions »

  1. Il y a bon espoir que cela avance, nous ne sommes plus au 18e ou au 19e siècle. Mais il faut le dire tout net : ce sera très, très diffcile. Très diffcile dans une société par essence « africaine » ou, bien avant la religion, la place de la femme dans la société est au bas de l’échelle, à plus forte raison, dans une société fortement islamique. Mais, comme un trajet de 850 km qui commence toujours par *un premier pas*, il faut avoir bon espoir que cela aboutira, surtout si les femmes elles-mêmes, premières concernées ne s’enferment pas dans leur bulle culturelle…

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