Présidentielles 2010 en Côte d’Ivoire: quels enjeux?

Au bout de 72 heures, on a enfin pu voir le bout du tunnel: 3 candidats se sont démarqués en engrangeant plus de 95% des suffrages exprimés. L’ex-président Bédié, que certains sondages estimaient hors course, a tenu à distance ses deux principaux rivaux dans le centre du pays. Le président sortant, Laurent Gbagbo et l’ex-Premier Ministre Alassane Ouattara se retrouvent face à face pour le second tour de ces élections si attendus avec respectivement 38,3% et 32,08% des suffrages.

Force est de constater que chacun de ces deux candidats détient une emprise constatée sur certaines régions du pays. Pendant que le président sortant a pu bénéficier d’une réserve de 250 000 voix dans la région des lagunes (source Jeune Afrique), Alassane Ouattara a obtenu des résultats records dans le nord du pays, réussissant même à arracher à Bédié la vallée du Bandama.

Au-delà de la stabilisation du climat politique à la fin de ces élections, il y a plusieurs enjeux tout aussi importants à ne pas négliger.

Gérer la crise identitaire:

Ces 10 années de bouleversement se sont passées sur fond de crise identitaire. Les débats autour de la nationalité du candidat Alassane Ouattara ont fini par entraîner, il faut le reconnaître, une scission au sein d’un peuple qui par définition vient d’origines multiples, mais qui avait toujours su tirer profit de ces différences.

La tâche, la plus importante à mon humble avis, sera pour le futur président, d’œuvrer consciencieusement au rétablissement de l’identité « Ivoirienne », celle qui pourra réunir l’ensemble de la population autour d’une idéologie commune. Pour ce faire, il ne faudra pas hésiter à mettre à contribution toutes les structures politiques, religieuses, pour ne citer que celles-là. Rétablir la communauté est l’acte essentiel qui servira de base à la relance d’une Côte d’Ivoire efficiente.

La relance économique:

L’économie ivoirienne a beaucoup souffert de cette longue période d’instabilité. Entre le retrait d’institutions financières telle que la Banque Africaine de Développement (BAD) et l’hésitation des investisseurs étrangers, sans oublier la crise financière qui a touché le monde entier ces dernières années, le rétablissement d’un climat politique stable devient garant d’un retour des activités économiques.

Le volet social:

Education, santé, autant de points cruciaux dont la réforme est nécessaire pour une avancée vers le développement. Tous ces points ont été plus ou moins évoqués par l’ensemble des candidats au cours de leurs campagnes. Une chose est de promettre des réformes, une autre est de s’y mettre une fois élu à la tête de l’Etat, ce que nous espérons ne se fera pas attendre.

Ainsi, le vote d’un Président à la tête de la Côte d’Ivoire n’est pas uniquement de choisir le candidat que l’on veut, mais surtout de choisir celui qui sera à même de mettre ses capacités et ses ressources au service d’une nation affaiblie, mais qui n’a de cesse de réclamer un retour à la prospérité.

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